
Le
Résistant Robert Nant n'est pas le père de son homonyme né à Buchenwald
Anciens
Combattants / 15 mai 2007
Pendant l'été 1944, Paulette, alors jeune agent de liaison, s'était réfugiée une nuit dans une maison de Villefranche-sur-Saône (Rhône) avec le résistant chambérien Robert Nant. Déportée à Schkopau, une annexe de Buchenwald, elle avait donné naissance le 19 mars 1945 à un garçon portant le même nom que son père présumé, mais mourut avant la libération du camp.
C'est il y a 30 ans, lors d'un documentaire consacré au collaborateur Paul Touvier, que le rescapé de Buchenwald se persuade que « Bob », le résistant savoyard qu'il voit sur l'écran, est bien son père biologique. Il lui écrit, mais n'obtient pas de réponse.
Une diffusion, en juin 2006, d'un autre documentaire sur Paul Touvier dans lequel intervient Robert Nant, accélère les événements. L'ancien résistant fait appel à un détective pour retrouver son fils présumé. Un Robert Nant, né en 1945 à Buchenwald et résidant désormais à Nancy, apparaît alors comme le probable descendant d'un des chefs du maquis savoyard.
En mars 2007, l'ancien résistant avait demandé une expertise ADN, mais celle-ci s'est avérée négative. Tout lien de parenté a été finalement exclu entre les deux hommes.
« C'est triste, ça aurait été formidable qu'il soit mon fils, a déploré l'octogénaire. Mais cette histoire créé des liens entre nous. Nous nous rencontrerons en juin à Nancy et je vais me battre pour que l'Etat français reconnaisse qu'il est né en camp de concentration, ce qui lui permettra de bénéficier d'aides financières.
Le résultat de ce test sanguin est encore plus triste pour lui. Il a des grosses difficultés financières, il a eu une vie malheureuse, il a été adopté par une famille de onze enfants où on l'appelait le bâtard. S'il avait pu dire qu'il était le fils d'un Résistant, cela aurait une vengeance sur le destin. »