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Varilhes: un musée pour se souvenir
Ariègenews / 19 septembre 2006

Les journées du patrimoine c’est également le moment de se souvenir … une visite au musée de la déportation et de l’internement de Varilhes s’impose.

Pourquoi un musée à Varilhes et pas au camp d’internement du Vernet tout proche ou de Rimont, village martyr? Le commandant Déjean, président de l’association qui gère ce musée municipal nous explique que le village de Varilhes a compté le plus de déportés de l’Ariège, 24 sont partis et 14 sont morts en déportation.

«Le musée ariégeois de la déportation et de l’internement est le résultat d’un travail commun entre l’association départementale des déportés internés, résistants patriotes et la commune de Varilhes, décorée de la croix de guerre le 11 novembre 1948, une commune qui durant l’occupation a pris une part active à la lutte contre l’ennemi»

Il était important que la population d’aujourd’hui et les jeunes générations de demain s’imprègnent de cette mémoire pour comprendre jusqu’où a pu aller l’horreur de l’idéologie nazie, son univers concentrationnaire et d’extermination massive après une dégradation progressive de l’être humain.

Pour cela quatre tableaux présentent aux visiteurs le processus de concentration: une première partie est consacrée à la naissance du système concentrationnaire nazi entre 1933 et 1939. La deuxième partie met en exergue les prémices de la déportation des juifs en France de 1940 à 1942 (le régime de Vichy, l’exclusion des juifs, les rafles, l’internement, a répression des opposants). La troisième étape explique l’organisation rationnelle de la déportation entre 1942 et 44. Enfin, le dernier thème est consacré à la fin des camps, à la libération et aux procès.

La muséographie est sobre: lumières crues, panneaux explicatifs, vitrines…

Le commandant Déjean, ancien «Nacht und Nebel» (ou N.N : par un décret du 7 décembre 1941 le maréchal Keitel commandant en chef de la Wehrmacht stipulait que pour effrayer la population des pays occupés à l’Ouest, il convenait de la tenir dans l’ignorance. Ainsi les détenus devaient être transférés en territoire d’où ils ne pourraient donner signe de vie et disparaîtraient dans « la nuit et le brouillard ») a bien connu cet environnement, il a fait refaire une maquette d’un camp de concentration et une copie de la «Schlague», chevalet de torture présent dans tous les camps d’internement.

La visite est didactique et pédagogique, le musée ouvert exclusivement le mercredi et le samedi après-midi ou sur réservation pour les groupes, travaille avec les scolaires. La bibliothèque de prêt orientée du la thématique de l’établissement permet à quelques anciens camarades de se retrouver et d’évoquer leurs souvenirs (y compris avec les visiteurs de passage).

Lors des journées européennes du patrimoine, il n’y avait pas foule au musée de Varilhes (une petite vingtaine de visiteurs dimanche), la déportation, c’est il y a à peine 60 ans et les chiffres sont suffisamment évocateurs:

141 000 déportés dans les camps, 75 000 pour des raisons raciales (2500 survivants), 66 000 pour des raisons diverses dont 42 000 pour faits de résistance (23 000 survivants) ; 4 déportés sur 10 périrent dans des camps dits d’élimination (Dachau, Buchenwald) et 9 déportés sur 10 périrent dans des camps dits d’extermination (Belzec, Solidor). Un devoir de mémoire s’impose.

Laurence Cabrol

Musée de la déportation et de l’internement Tél : 05 61 60 73 24
Office de Tourisme de Varilhes: 05 61 60 55 54

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