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"Jedem das Seine"

Une grande dame restée fidèle à ses convictions
L'Humanité / 26 novembre 2005

L’ancienne dirigeante communiste Madeleine Vincent est décédée le 21 novembre.

Résistante, déportée, dirigeante communiste, officier de la Légion d’honneur, commandeur de l’ordre du mérite, Madeleine Vincent-Ducoloné est décédée dans la nuit de lundi à mardi à l’âge de quatre-vingt-cinq ans.

Membre de la direction nationale du PCF de 1954 à 1997, élue au Bureau politique dès 1969, cette grande dame aura connu un itinéraire qui se confond avec les grandes dates de la vie politique de la France, du Front populaire jusqu’à nos jours.

Elle aura joué tout particulièrement un rôle éminent dans l’inscription du combat féministe dans celui du mouvement pour la transformation de la société dans le contexte contemporain.

C’est aussi ce regard aigu sur l’évolution du monde et de la société qui l'a conduite, avec fidélité et conviction, à agir jusqu’au bout pour que le parti, auquel elle avait donné son adhésion dès l’âge de dix-sept ans, soit à la hauteur de ces transformations.

L’adolescente de 1936 fait sienne le combat pour le rassemblement antifasciste, démocratique et républicain d’abord au sein de l’Union des jeunes filles de France (UJFF), où elle rencontre Danielle Casanova, puis à la Jeunesse communiste.

Elle sera la militante clandestine envoyée dans les corons du Nord pour organiser la Résistance, connue sous les pseudonymes de « Paulette », «Simone » ou « Josette Lambert ».

C’est à Douai qu’elle sera arrêtée le 9 juin 1942. Promise à l’extermination « Nuit et Brouillard », elle connaît successivement les prisons de Loos, d’Essen, de Kreutzburg, puis les camps de Ravensbrück et Mauthausen.

Dès son retour, le 4 mai 1945, elle refonde l’UJFF, dont elle devient la secrétaire nationale, après avoir été secrétaire de la Jeunesse républicaine de France, puis accède à des responsabilités de plus en plus importantes au sein du Parti communiste français.

Sans oublier son engagement pour l’émancipation des femmes, fil rouge de son action, elle deviendra aux côtés de Georges Marchais la dirigeante nationale exigeante, alliant fermeté et ouverture, jusqu’en 1997, date à laquelle elle décide de mettre un terme à ses fonctions au plus haut niveau de l’organisation communiste, après avoir été notamment responsable du secteur collectivités locales-élections, puis chargée « de l’aide au travail et à l’échange entre fédérations et régions ».

En 1997, elle recevra les insignes de chevalier de la Légion d’honneur à l’hôtel de ville d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), ville à laquelle elle sera fidèle après y avoir un temps occupé des fonctions électives.

De nombreux messages ont été adressés à son époux Guy Ducoloné, parmi lesquels ceux de Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF ; Robert Hue, sénateur du Val-d’Oise ; Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité ; Alain Bocquet, président du groupe communiste à l’Assemblée nationale, ou son homologue du Sénat, Nicole Borvo ; la Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes, l’Amicale de Ravensbrück.

Un dernier hommage sera rendu à Madeleine Vincent, lundi 28 novembre à 15 heures, au cimetière d’Issy-les-Moulineaux (rue de l’Égalité), où elle sera inhumée.

Dominique Bègles

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