
Jacques
Chirac préside la journée du souvenir de la déportation
Reuters
/ 24 avril 2005
Jacques Chirac a appelé dimanche à "être toujours en veille" contre "les fanatismes et les extrémismes", à l'occasion de la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation.
"La Shoah interpelle chacun de nous au-delà de toute mesure. Elle est pour nous tous une exigence de réflexion et d'action", a déclaré le chef de l'Etat lors d'une cérémonie sur le parvis des droits de l'Homme, à Paris, en présence de plusieurs centaines de personnes, dont d'anciens déportés.
Le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, était présent, ainsi que Michèle Alliot-Marie (Défense), Michel Barnier (Affaires étrangères), Jean-Louis Borloo (Cohésion sociale), Jean-François Lamour (Jeunesse et Sports), Hamlaoui Mekachera, ministre délégué aux Anciens combattants, le maire de Paris Bertrand Delanoë, l'ancien ministre Simone Veil, rescapée du camp d'Auschwitz et l'écrivain Marek Halter.
La Shoah, a poursuivi Jacques Chirac, «nous fait devoir de lutter sans merci contre toutes les formes de racisme et d'antisémitisme, contre toute forme de révisionnisme, contre tous ceux qui proclament l'inégalité entre les hommes".
"Aujourd'hui, nous savons qu'il faut être toujours en veille", a-t-il souligné.
"La liberté, l'égalité et la fraternité, mais aussi la démocratie et la paix ont un prix: celui de ces générations entières qui se sont battues pour elles jusqu'au sacrifice de leur vie. Elles sont des conquêtes de chaque instant", a-t-il déclaré.
UN
COMBAT JAMAIS ACHEVE
Evoquant la déportation des juifs - plus de 75.000 en France - vers les
camps de concentration nazis durant la seconde guerre mondiale, le président
de la République a déclaré que les Français "n'oublieraient jamais".
Ces épisodes "sont gravés en lettres de sang et de larmes dans notre histoire. Ils tracent notre devoir", a-t-il dit, exprimant "l'hommage de la Nation" aux survivants présents.
"Grâce à vous, les jeunes générations entendent la voix de la vérité. Une vérité irréfutable. Une vérité inoubliable".
"Aujourd'hui, nous savons que la tolérance et le refus des discriminations appartiennent au socle intangible des droits de l'homme. Nous savons aussi que ce combat de l'acceptation de l'autre et de ses différences n'est jamais achevé. Il demeure l'un des plus ardents pour notre République", a lancé Jacques Chirac, insistant sur les leçons à tirer de "cette tragédie".
"Aujourd'hui, instruits par l'histoire, nous savons qu'aucune dérive, qu'aucune faiblesse n'est acceptable. Nous savons que rien n'est banal ni anodin. Nous savons comment l'horreur fait ses premiers pas. Nous savons où conduit la faiblesse des nations", a-t-il affirmé.
"Partout dans le monde, les auteurs de crimes contre l'humanité doivent savoir qu'ils seront poursuivis sans relâche, jugés et condamnés sans faiblesse", a conclu le chef de l'Etat.
Une évocation symbolique à la mise en scène sobre, imaginée par Bernard Szajner, a ensuite retracé la déportation et la libération des camps au travers de deux écrans formant les pages d'un livre d'histoire sur le parvis du Trocadéro.
Hamlaoui Mekachera devait clore cette journée de commémoration à l'Arc de Triomphe par un dépôt de gerbe et un ravivage de la flamme.