
Les
Tsiganes aussi
France
3 / 27 janvier 2005
La shoah a tué 6 millions de juifs, mais la politique raciale des nazis a entraîné, dans les fours, d'autres personnes.
Les Tsiganes étaient la cible des nazis dans l'élimination basée sur des préjugés raciaux. Auschwitz avait son quartier tsigane, dans une nuit du mois d'août 1944, les SS du camp ont décidé de vider cette partie du camp de ses occupants. Il y avait là, ensemble maintenus en famille, hommes, femmes et enfants.
La vague d'extermination des juifs hongrois venait de prendre fin. Les nazis ont donc cherché une autre cible parmi les occupants du camp d'Auschwitz.
Il y avait dans ce camp des représentants de la seconde race visée par la solution finale, les tsiganes de tous le pays de l'Europe. Dans le camp, il y avait des tsiganes polonais, hongrois, allemands, bulgares, tchèques, roumains et des français.
Pour ces derniers, ils avaient été extraits de l'un des 49 camps d'internement répartis sur le territoire. Certaines familles étaient dans ces camps d'internement français depuis avril 1939, bien avant l'ouverture de la guerre avec l'Etat Nazi. Ils étaient gardés par des gendarmes français ou des gardes mobiles. Les camps d'internement des tsiganes français étaient sous l'administration française, aucun des camps, même pendant l'occupation allemande, ne sont passés sous le commandement allemand.
Les directeurs des camps étaient quelques fois sollicité par l'armée d'occupation pour des travaux avec de la main d'oeuvre pas chère ou pire pour compléter des convois en partance pour l'Allemagne.
Mais, pour l'histoire, ces camps d'internement des tsiganes n'ont pas fermé leur porte avec la fin des hostilités. Le dernier camp a libéré ses occupants tsiganes, en juillet 1946. Beaucoup de tsiganes français sont morts dans ses camps sur le territoire français, de faim, de froid ou par des mauvais traitements de leur géôliers.
A Auschwitz, cette nuit d'août 1944 fut terrible pour les résidents du camp tsiganes, tous furent chargés dans des camions. Les SS ont séparés les enfants des parents, les femmes des hommes, tous ont été dirigés vers les chambres à gaz.
En une nuit, les nazis du camp d'Auschwitz ont ôté la vie à 21 000 tsiganes.
Durant la seconde guerre mondiale, la politique de sélection raciale du régime nazi a tué entre 800 000 et 1 200 000 tsiganes.
La haine entretenue, à travers l'Europe, ne nécessitait pas de dissimuler le meurtre des tsiganes au regard de témoins. Ils étaient exécutés, sans ménagement, souvent sur un bord de route, dans un village, dans un champ. Dans un horrible soucis d'efficacité nazie, les familles étaient maintenues unies dans la mort.
La France a implicitement reconnue la participation de son administration dans l'internement des Tsiganes, en apposant une plaque commémorative à l'emplacement du camp de Montreuil-Bellay, dans le Maine-et-Loire.
Dans les caravanes, encore aujourd'hui, les anciens parlent aux plus jeunes de ce qu'ils ont vécu durant cette Seconde Guerre Mondiale.
Bertrand LEROSSIGNOL