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Hommage de l'Assemblée aux 11.000 enfants juifs déportés à Auschwitz
L'express / 19 janvier 2005

L'Assemblée nationale rend hommage aux 11.000 enfants juifs déportés à Auschwitz entre 1942 et 1944, en leur consacrant une exposition, inaugurée mercredi par Jean-Louis Debré et Serge Klarsfeld, président de l'Association des Fils et des Filles des déportés juifs de France.

Plus de 3.000 visages d'enfants juifs ont été accrochés dans une galerie du palais Bourbon, des clichés en noir et blanc, la plupart pris avant la déportation, et certains portent déjà l'étoile jaune. "Les enfants nous regardent, ils nous disent +ne nous oubliez pas+", a inscrit dans le livre d'or le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré.

Il y a aussi des cartes d'identité tamponnées en rouge de la mention juif ou juive. Des cartes avec celle d'"étranger surveillé", assorties de photos avec des plaques numérotées, "comme des criminels", commente M. Klarsfeld, qui a réalisé cette exposition.

Quelques survivants sont là, comme Henri Zajdenwergier, 77 ans, déporté le 15 mai 1944 à 16 ans. "Il fallait toujours donner l'impression de pouvoir travailler", se rappelle-t-il. Pour lui, grâce à cette exposition, "c'est comme si c'était des vivants".

André Chomand, 78 ans, lui aussi rescapé, est là pour ses deux frères qui, eux, ne sont pas revenus. "Nous avons été arrêtés le 4 août 1942, dénoncés par le passeur", se souvient-il.

Sur la photo, Tino, 5 ans, serre son ours blanc, Jacques, 13 ans, tient un livre. "Il y a tellement de promesses dans le regard de ces enfants, on ne sait pas mesurer ce qu'on a perdu", réagit la députée guyanaise Christiane Taubira, très émue. Elle est venue, comme nombre de ses collègues, voir cette exposition, accessible aux parlementaires ainsi qu'aux visiteurs de l'Assemblée, qui depuis mars 2002 voyage dans les gares des grandes villes françaises.

"Les mots sont faibles devant la réalité", devant l'"horreur", mais il faut "dire simplement, le plus simplement possible à nos enfants: +oui cela a existé+", affirme M. Debré.

Ces enfants sont "restés trop longtemps anonymes dans les poubelles de l'Histoire", déclare M. Klarsfeld, qui précise qu'au total ce sont 76.000 Français qui ont été déportés. "76.000 crimes contre l'humanité qui ont rendu l'occupation allemande particulièrement inhumaine", ajoute-t-il, répondant ainsi sans le citer aux récentes déclarations du président du Front national, Jean-Marie Le Pen. Il finit en demandant "de ne donner en aucun cas la possibilité électorale aux ennemis de la République d'entrer en cette enceinte par le biais d'une certaine dose de représentation proportionnelle". "Nous ne voulons pas dans les dernières années de notre vie, dit-il, entendre à nouveau dans l'hémicycle les voix de ceux qui nient la Shoah".

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