Dessin
de Léon
Delarbre.
" Appel général : les morts et les mourants doivent
être présents.
Dora. 10 mars 1945 "
Dessin
de Léon
Delarbre
" Le grand Georg, kapo général de la Werk II : une
des plus belles brutes au service des SS. Dora Décembre 1944 "
Dans
ces galeries souterraines s'entassent dix mille hommes qui ne connaissent
plus ni le jour ni la nuit. Lorsqu'ils dorment, ils s'entassent comme
des lapins sur des châlits de bois grouillant de poux, ou à même le
sol, souillé d'excréments. Tout moisit, tout croupit, tout pourrit.
Dora
ressemble aux entrailles de la terre.
Aucune
lumière dans ce tunnel, l'humidité qui suinte des roches, des flaques
d'eau partout sur le sol, une puanteur rapidement effroyable, un bruit
d'explosion et de marteaux piqueurs en permanence, celui des hurlements
des SS et des aboiements des chiens démultipliés par la résonance, et
le travail vingt quatre sur vingt quatre par équipe de jour et de nuit
de douze heures, enfin une poussière qui empêche de voir et de respirer
correctement.
Pas d'eau courante, rien d'autre à boire que le liquide faisant office
de soupe, pas moyen de se laver, les latrines sont des tonneaux de bois
coupés en deux, ce qui accroît le risque de typhus et de dysenterie.
LA
VIE A DORA
La
priorité absolue est la poursuite de la fabrication souterraine des
fusées V1 et V2, et non la construction d'un nouveau camp destiné à
recevoir les déportés.
C'est pourquoi les conditions de vie des déportés de Dora dépasse l'imagination.
L'arrivée
à Dora est un choc encore plus important que l'arrivée à Buchenwald.