



Le travail s'exécute dans des conditions insoutenables et à un rythme infernal. Les prisonniers sont mordus par les chiens des SS, battus, souvent abattus, humiliés, sous-alimentés ; aucune installation sanitaire aussi rudimentaire soit-elle n'existe pendant les deux premières années d'existence du camp; les outils sont rares et c'est avec leurs mains que les déportés défrichent le terrain, portent d'énormes mottes de terre et des pierres qui leur coupent les mains, des sacs de ciment, de l'eau, des rails, etc...
En été, on travaille de l'aube au soir. Les déportés sont réveillés dans le vacarme et les coups entre trois et quatre heures du matin. Pas question pour les nazis de perdre une seconde dans l'élaboration du Reich (empire) dément d'Hitler qui assassinera des millions d'êtres humains au nom de théories antisémites, raciales, politiques et économiques fondées sur l'idée qu'il n'existe que trois catégories d'individus : la race des Seigneurs, la masse des anonymes et la classe des sous-hommes.
Buchenwald, c'est l'histoire du destin tragique de la déportation ; c'est aussi l'histoire unique du mur impénétrable qu'un mouvement de résistance clandestine à l'intérieur du camp, composé de déportés politiques antifascistes, d'abord des communistes allemands, ralliés ensuite par d'autres nationalités puis d'autres obédiences politiques, oppose à l'organisation SS du camp, permettant ainsi de sauver des milliers de vies, et de rendre moins inhumaine la fin de ceux qui ne peuvent survivre.
Buchenwald, situé en plein cœur de l'Allemagne dans la province de Thuringe, est à peine à quelques kilomètres de la ville de Weimar, où vécurent bien des hommes célèbres, dont le peintre Cranach, les poètes Schiller et Goethe, les compositeurs Bach, Beethoven et Liszt.
Weimar-Buchenwald,
c'est le face-à-face de la culture et de la barbarie. Buchenwald, qui
signifie " la forêt de hêtres ", est flanqué sur le versant nord d'une
colline, le Ettersberg, où un mauvais vent souffle en permanence. Les
déportés l'appellent " le souffle du diable ", et il leur rend la vie
plus dure encore.
Ce sont les prisonniers eux-mêmes qui, dès juillet 1937, doivent construire
les baraquements de bois qui les abritent, les bâtiments en dur, casernes
et autres maisons où vivent les soldats SS et les responsables du camp.
Le
camp de Buchenwald
Agnès Triebel
Le
camp de concentration nazi de Buchenwald se caractérise par la cruauté
de son histoire et par sa spécificité politique.
Pendant huit ans, de juillet 1937 à avril 1945, le système concentrationnaire
de Buchenwald exécute, élimine, torture, exploite, affame, déshumanise
des centaines de milliers d'hommes, et livre à la postérité ce que l'humanité
peut faire de pire et de mieux : des bourreaux qui ont martyrisé les
hommes et des héros dont la solidarité a tantôt sauvé, tantôt rendu
espoir à une masse humaine anéantie par la vie concentrationnaire.
Buchenwald est un camp de concentration, qui comme le dit bien l'expression, "concentre" des hommes d'horizons sociaux, politiques et géographiques les plus variés et les plus lointains.
De 1937 à 1945, 266 000 personnes ont été enregistrées dans le camp.
56 000 ont succombé, de faim, de maladies ou d’épuisement
ou ont été froidement assassinés.
38 049 ont pu être identifiées.